A partir de 2011, le groupe Alstom s’était positionné pour les technologies liées à la production d’électricité liées au gaz naturel, anticipant sur les stratégies de décarbonation qui devaient se mettre en place à travers le monde, et l’entreprise était connue pour fabriquer l’une des turbines les plus efficaces du marché mondial de la production d’électricité. Cette avance technologique et industrielle a fait des envieux et des adversaires résolus, tout particulièrement aux Etats-Unis. Le rachat d’Alstom Power par General Electric (GE) a été déguisé en rapprochement entre deux entreprises, via trois co-entreprises, mais le contrôle s’est révélé être exclusivement américain le jour de l’officialisation de l’accord en juin 2014. Alstom était alors censé récupérer les activités de transport de GE, mais ce n’est jamais arrivé. Ce rapprochement est rapidement devenu l’affaire Alstom. C’est aujourd’hui un cas d’école car il est l’exemple de tout ce qu’il ne faut pas faire en matière de rapprochement industriel et de préservation des technologies françaises.
Par Christophe-Alexandre Paillard
fonctionnaire, enseignant, auteur des « nouvelles guerres économiques » chez Ophrys
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L'auteur s'exprime à titre personnel et ne représente le point de vue d'aucune institution
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Avec la mondialisation et la multiplication des échanges de biens, de personnes, de savoirs, de services et de technologies, les questions d’intelligence économique (IE) ont pris une place de plus en plus stratégique dans les politiques étatiques. En France, les entreprises, surtout petites et moyennes, sont très exposées au risque d’espionnage économique, de rachat par des puissances étrangères et de captation d’informations vitales pour l’activité du pays, car de nombreux groupes français restent très attractifs pour nombre d’entreprises ou de pays étrangers, sans toutefois qu’un secteur soit plus menacé que d’autres. Les récents déboires industriels d’entreprises françaises comme Alstom n’ont fait qu’accroître l’exposition au risque de nombreuses entreprises et de leurs sous-traitants, et la France reste un terrain de chasse privilégié, malgré l’évident recul de sa puissance industrielle depuis près de quarante ans, pour des fonds, des États ou des entreprises avides de faire leur marché dans ce qui reste du tissu industriel français.
Pour répondre aux défis posés par la mondialisation et la fragilisation du tissu industriel français en résultant, le gouvernement Raffarin a créé dès décembre 2003 le service du haut responsable pour l’intelligence économique (HRIE) au sein du Secrétariat général de la Défense Nationale (SGDN, maintenant SGDSN), dont le premier titulaire était Alain Juillet et dont le dernier avatar est le Service de l’information stratégique et de la sécurité économiques (SISSE) qui relève de la tutelle de la Direction générale des Entreprises (DGE) du Ministère de l’Économie et des Finances et du DGE lui-même qui est Commissaire à l’information stratégique et à la sécurité économiques (CISSE).
Différents ministères ont créé en leur sein des missions en charge de l’intelligence économique, intégrées aux services des hauts fonctionnaires de défense, de sécurité et d’intelligence économique, avec pour objectifs de recueillir et de synthétiser les informations au profit des ministères et de leurs opérateurs, en lien avec les services de renseignement de l’État (DGSE, DGSI, DNRED en particulier) et le SISSE. A titre d’exemple, l’action de ces services englobe entre-autre : 1) la participation active au processus dit des IEF (investissements étrangers en France) instauré par le décret 2014-479 du 14 mai 2014 relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable, dit décret Montebourg, et inscrit à l’article L.151-3 du code monétaire et financier ; 2) la mise en place et le suivi de la protection du patrimoine scientifique et technologique (PPST) rénové en 2011 chez les opérateurs de l’État ; 3) la lutte contre les actions d’espionnage et la malveillance.
L’affaire Alstom, par son ampleur et sa forte symbolique en matière de souveraineté, de savoir-faire industriel et d’implications politiques tous azimuts, est venue bousculer les certitudes quant à la solidité des « modèles » français, tant administratifs qu’industriels, mettant également en cause l’efficacité du dispositif français d’intelligence économique et de protection de nos actifs industriels. De fait, Alstom, entreprise qui relève des secteurs des transports et de l’énergie, est venue mettre un coup de projecteur majeur sur trois grandes questions qui taraudent la vie publique française et qui continuent d’impacter massivement les évolutions politiques de notre pays : 1) la place de l’industrie dans l’économie française ; 2) le rôle positif ou négatif de l’Union européenne dans la préservation du tissu industriel français ; 3) le risque de déclassement industriel européen que la crise de la Covid 19 n’a fait que révéler aux opinions publiques de nombreux pays européens, dont la France.
Cette affaire Alstom est le symbole d’un lourd déclin industriel de la France
Pour mémoire, Alstom était et reste encore un fleuron de l’industrie française et un symbole de la réussite industrielle dans deux domaines phares des technologies françaises, le train à grande vitesse (TGV) et la construction d’un parc de centrales électronucléaires destiné à rendre à la France son autonomie énergétique. Alstom était l’entreprise qui fournissait les turbines pour les centrales et les motrices pour le TGV.
À l’origine, Alsthom est la contraction d’Alsace et de Thomson, entreprise née de la fusion en septembre 1928 d’une partie de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM), basée à Mulhouse puis à Belfort, spécialiste de la construction de locomotives, et de la Compagnie française pour l’exploitation des procédés Thomson-Houston (CFTH), société franco-américaine spécialiste des équipements de traction électrique ferroviaire et de construction électromécanique. Elle est devenue Alsthom Atlantique en 1976, puis GEC-Alsthom en 1989 et enfin Alstom depuis 1998.
Depuis vingt ans, l’entreprise a connu de nombreuses vicissitudes. De fait, le groupe a fait face à une grave crise financière en 2003 et Patrick Kron a alors été nommé PDG pour redresser l’entreprise. Un plan de financement et des cessions d’actifs ont été engagés. Les mesures se sont révélées malgré tout insuffisantes à long terme et l’agence Bloomberg a révélé le 23 avril 2014 que Patrick Kron et le PDG de General Electric (GE), Jeffrey Immelt, discutaient de la vente de la branche énergie du groupe (et non la branche transports qui a survécu et est devenue le seul Alstom après 2016). Le rachat partiel d’Alstom (sa branche énergie) par GE a alors été proposé pour un montant de 13 milliards de dollars. Le 30 avril 2014, le conseil d’administration d’Alstom a accepté l’offre de GE pour ses activités énergétiques. GE a donc racheté les activités énergie d’Alstom (principalement les turbines) incluant Alstom Power et Alstom Grid. Dans le cadre de ce rachat, les activités de signalisation ferroviaire de General Electric Signalling ont par contre été reprises par Alstom réduite à la partie transports.
Le gouvernement français a essayé de s’opposer à l’offre de GE, s’inquiétant surtout de l’avenir des activités turbine de la filière nucléaire française, essentielle pour l’industrie nucléaire civile comme pour notre force navale de dissuasion. Le décret Montebourg susmentionné est d’ailleurs né de cette affaire, en étendant aux secteurs de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications et de la santé publique le décret no2005-1739 portant sur la possibilité donnée au gouvernement français de mettre un veto sur des investissements étrangers qui portent atteintes aux intérêts stratégiques de la France. Finalement, de guerre lasse et face aux multiples pressions des autorités américaines pour faire valider le rachat d’Alstom par GE, le ministre de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique Emmanuel Macron, successeur d’Arnaud Montebourg, a autorisé l’investissement de GE dans Alstom le 4 novembre 2014. Le choc politique et psychologique de cette affaire Alstom a révélé que la France était dans un état d’extrême faiblesse industrielle, après tant d’affaires de rachats et de disparitions de groupes industriels historiques français comme Péchiney ou Technip, pour ne parler que des cas les plus emblématiques.
La France ne dispose plus des outils suffisants pour protéger son outil industriel
L’affaire Alstom est clairement le révélateur des quatre maux économiques les plus forts frappant la France : 1) elle est le reflet de la perte de notre souveraineté industrielle ; 2) elle montre la difficulté à maintenir des produits industriels « made in France », même basiques, et l’absence de masques et de gels produits en France lors de la première vague de Covid en 2020 a montré à quel point notre pays était devenu dépendant de l’industrie chinoise ; 3) la chute d’Alstom a permis de constater que des régions entières ont vu leurs industries traditionnelles disparaître sans aucune alternative de remplacement depuis les années 70, à l’exemple du jouet dans le Jura ou de la bonneterie dans l’Aude ; 4) l’impossibilité pour Alstom de trouver un financement national de ses activités a aussi montré l’insuffisance des capitaux disponibles sur le marché français pour investir dans des entreprises industrielles et éviter qu’une majorité nette des entreprises du CAC40, pour ne citer que celles-là, n’appartienne en réalité majoritairement à des actionnaires étrangers. Tout le débat sur les prix de l’énergie considérés comme excessifs en 2022/2023 et les pressions sur le groupe Total ont d’ailleurs éludé le fait que cette entreprise symbole du capitalisme français appartenait en réalité à 48% à des actionnaires nord-américains (dont le fonds Blackrock qui possède 8,85% du capital de l’entreprise), même si Amundi (groupe Calyon) reste un actionnaire clef. En réalité, faire pression sur Total pour faire baisser les prix de l’énergie n’a d’ailleurs conduit qu’à mettre clairement sur la table la probabilité d’une délocalisation boursière définitive de l’entreprise vers les Etats-Unis.
L’affaire Alstom a aussi montré que la France souffrait de l’absence de fonds d’investissement nationaux de grande envergure qui auraient pu venir au secours de cette entreprise, comme Technip ou Pechiney, même si la création de BPIfrance en 2012 a permis de doter la France d’un acteur public bancaire capable d’aider partiellement le tissu industriel français. Mais l’ampleur des besoins financiers de ce qui reste de l’industrie française montre que BPIfrance ne suffit pas. De nombreux États étrangers ont créé des fonds souverains. Les fonds souverains sont des fonds d’investissements détenus par des États, contrairement aux fonds d’investissement privés détenus par des actionnaires. Il en existe deux catégories différentes : la première catégorie est celle des fonds issus de l’exportation des ressources naturelles, notamment des hydrocarbures. La deuxième catégorie regroupe les fonds issus des excédents des rapports commerciaux et d’une gestion budgétaire assez stricte.
A titre d’exemple, les fonds souverains du golfe arabo-persique ou de Norvège font partie de la première catégorie. Au Moyen-Orient, le premier fonds souverain a été créé au Koweït en 1953 avec un « fonds de réserves pour les générations futures ». Ces fonds se sont multipliés à partir de 1973, avec le premier choc pétrolier lié à la guerre de Kippour. Ainsi, l’un des plus importants fonds souverains est aujourd’hui le « Abou Dhabi Investment Authority » créé en 1976 par les Émirats Arabes Unis (EAU). Cette tendance s’est accélérée et a pris un caractère stratégique après le deuxième choc pétrolier de 1979. Grossièrement, BPIfrance, à la suite du FSI, joue un rôle proche de celui d’un fonds souverain et cette banque aurait pu contribuer à maintenir Alstom dans le giron français, sans passer par GE, mais sa dimension reste très éloignée de celle de fonds comme le premier fonds souverain mondial, celui de Norvège, qui gère un pactole de 1.395 Mds€, avec des parts dans près de 9.000 entreprises, et détient en moyenne 1,5% de tous les groupes cotés sur la planète.
Enfin, après les problèmes de désindustrialisation et de financement de l’industrie, un dernier rebondissement majeur est intervenu dans l’affaire Alstom en janvier 2022. EDF et GE se sont entendus sur une reprise d’une partie de GE Steam Power, les activités de GE Power dans le nucléaire et l’ancienne activité d’Alstom Power valorisée 1 Md€, spécialisée dans les turbines nucléaires, notamment Arabelle, et les services de maintenance associés aux réacteurs déployés dans les centrales. Le 31 mai 2024, EDF a repris officiellement les activités nucléaires, non américaines, de General Electric, dont la maintenance et la fabrication des turbines Arabelle, clôturant plus ou moins d’errements politico-industriels et laissant une ardoise aux contribuables et à l’économie française qui a peu d’équivalents.
Quant à la partie « transports » d’Alstom, qui a survécu à une fusion avortée avec le groupe Siemens à la suite d’un refus de la Commission européenne de février 2019 d’accepter un tel rapprochement, l’entreprise a repris son développement depuis 2016 autour de ses métiers traditionnels : métros, tramways, trains. En août 2016, Alstom a d’ailleurs remporté un contrat de 2 milliards de dollars aux États-Unis. Le constructeur français s’est lancé dans la fabrication de 28 trains à grande vitesse destinés à l’Acela Express, la ligne « Boston-New York-Philadelphie-Washington DC » exploitée par la compagnie Amtrak. En août 2022, Alstom a reçu de la SNCF une commande de 15 TGV de nouvelle génération pour un montant de 590 millions d’euros. L’entreprise Alstom réduite aux transports semble donc avoir assuré sa survie.
Sans industrie digne de ce nom, la France court le risque d’un déclassement géopolitique et géoéconomique majeur
Plus qu’un sujet à caractère national, l’affaire Alstom est le révélateur des dysfonctionnements majeurs qui frappent la France et l’Union européenne en matière industrielle. L’affaire Alstom a en effet montré qu’il n’existait pas de politique industrielle européenne pour suppléer aux insuffisances françaises et même que l’Union européenne pouvait être un problème pour maintenir l’industrie ou engager la réindustrialisation de notre pays. L’affaire Alstom reste aussi un traumatisme d’ampleur nationale. D’ailleurs, conscients des dégâts causés l’affaire Alstom, le président de la République et le Gouvernement ont mené depuis 2017 une politique visant à réindustrialiser le pays, faire évoluer les règles européennes et investir dans les filières d’avenir avec France relance et France 2030 après trente ans de désindustrialisation. Mais les choix faits et les perspectives économiques et industrielles moroses qui frappent l’Europe en 2026 ont remis en cause les efforts engagés et n’ont pas du tout permis d’engager la réindustrialisation du pays. En 2025, ce sont plus de 68.000 entreprises françaises de toute taille et de multiples secteurs d’activité qui ont déposé le bilan. Et la désindustrialisation s’est poursuivie sans que rien ne puisse l’arrêter à ce stade.
France Stratégie avait mis en ligne un document de travail qui analysait différents scénarios de réindustrialisation à l’horizon 2035 et évaluait leurs impacts en termes de ressources nécessaires pour y parvenir, ainsi que les effets possibles sur les émissions de CO2 et sur certaines variables macroéconomiques d’intérêt : « huit scénarios de plus ou moins forte réindustrialisation ont été construits sur la période 2022-2035. Ils se différencient par la part qu’atteint en 2035 la valeur ajoutée manufacturière exprimée en pourcentage du PIB – 8%, 10%, 12% ou 15% – et pour certains par un accent mis sur les branches manufacturières considérées comme technologiques, sur les branches dites « en amont » ou sur celles « en aval ».
En réalité, selon ce rapport, l’objectif de relever la part de l’industrie de 10% à 15% du produit intérieur brut d’ici à 2035 est totalement irréalisable et l’affaire Alstom n’a fait que révéler ce qu’avait montré la crise des masques et du gel de la Covid 19 au plus grand nombre : la France court un risque extrêmement élevé de ne plus être une puissance industrielle à court terme et pourrait devenir une puissance de seconde catégorie dépendante de fournisseurs extérieurs pour tous ses besoins. L’ampleur abyssale du déficit commercial français ne fait d’ailleurs que confirmer l’imminence d’un tel risque de déclassement : en 2025, le solde commercial de la France s’est établi à -73 Mds€, après -81 Mds€ en 2024, -99,6 Mds€ en 2023, et un record de -162,7 Mds€ en 2022. Ce solde commercial lourdement déficitaire, structurel, quasi systémique, est le résultat de nombreux facteurs, mais, parmi eux, on trouve au premier rang la désindustrialisation de la France et le sacrifice de la production au profit de la consommation et de la financiarisation de notre économie.
Plus que le cas de la seule entreprise Alstom, cette affaire est avant tout le révélateur de tout ce qui dysfonctionne en matière économique et industrielle depuis bientôt 45 ans en France, avec le passage d’une économie fortement manufacturière à une économie basée sur la consommation de produits importés et de services. La France a aussi abandonné sa culture d’ingénieurs et d’entrepreneurs au profit d’une société donnant la préférence au tertiaire. Or, à l’heure où le monde réarme, où la guerre industrielle planétaire est devenue la règle et où les matières premières sont un enjeu à forte criticité pour tous les Etats, la France et ses partenaires de l’Union européenne n’ont d’autre choix que d’instaurer le plus rapidement possible une véritable politique industrielle qui se défie des pratiques actuellement dominantes à Bruxelles en matière de fonctionnement des marchés, de l’industrie et de l’économie. Changer ce paradigme n’est pas simple. Benjamin Franklin l’avait bien compris, « le chemin vers la richesse ne tient qu’à deux mots, industrie et frugalité ».
Voir mon ouvrage « les nouvelles guerres économiques » (préface d’Alain Juillet, éditions Ophrys, Paris, 2011) destiné à vulgariser les grandes thématiques de l’intelligence économique contemporaine.
L’intelligence économique a été définie comme « l’ensemble des actions coordonnées de recherche, de traitement, et de distribution, en vue de son exploitation, de l’information utile aux acteurs économiques. », pour reprendre la formule retenue en 1994 par les rédacteurs du rapport du Commissariat Général au Plan (dit rapport Martre). Elle associe éventuellement l’État et les entreprises. Selon Alain Juillet, il s'agit de la maîtrise et de la protection de l'information stratégique utile pour tous les acteurs économiques. Elle se distingue de l’espionnage économique et du renseignement car elle utilise exclusivement des moyens ouverts.
La France s’est emparée du sujet de l’intelligence économique (IE) à la suite au Rapport d’Henri Martre publié en 1994 par le Commissariat général au Plan. Intitulé « Intelligence économique et stratégie des entreprises », ce rapport intervient dans un contexte de remise à plat des relations économiques internationales et de négociations débouchant sur les accords de Marrakech créant l’OMC en avril 1994.
Cette fonction est assurée par Thomas Courbe depuis juin 2018.
L’industrie française a été violemment délaissée durant plus de trente ans au profit d’une idéologie basée sur l’idée qu’une économie de services ferait la richesse de la France, condamnant des régions entières au marasme, à la désindustrialisation et à l’exode démographique. Le pire a été atteint avec les propos du PDG d’Alcatel (Alsacienne de constructions atomiques, de télécommunications et d’électronique), Serge Tchuruk qui, en 2001, avait déclaré dans un entretien au Wall Street Journal son intention de faire de son entreprise un groupe « sans usines ». Alcatel n’existe plus en propre depuis 2016 et en 2024, la France n’est plus du tout un opérateur de matériels de télécommunications (elle appartient au finlandais Nokia et il subsiste des entités comme Nexans, l’ancien Alcatel câbles, ou Saft qui appartient désormais au groupe Totalénergies).
Sept ans après le rachat de la branche énergie d'Alstom, le bilan du groupe General Electric était désastreux en France, avec 5.000 postes supprimés dont 1.200 à Belfort.
TotalEnergies représente la deuxième capitalisation de la bourse de Paris (170 Mds€) après LVMH.
Bpifrance est une banque publique d'investissement française ayant pour mission de financer le développement d’entreprises. Elle est née en 2012 du regroupement d’Oséo, de CDC Entreprises, du Fonds stratégique d’investissement (FSI) créé en décembre 2008 et du FSI régions. Elle est entre-autre chargée de soutenir les PME, les ETI et des entreprises innovantes. Elle appuie les politiques publiques destinées à soutenir le tissu industriel.
Christophe-Alexandre Paillard